Découvrir les constellations familiales et systémiques selon Bert Hellinger

 

 Ouvrir le champ des possibles

Poser une constellation, c’est observer et ressentir. C’est arrêter de croire que l’on sait pour laisser émerger ce qui est. C’est remettre du mouvement dans l’énergie stagnante et sclérosée d’un système. C’est se mettre au service du Vivant qui sous-tend tout mouvement de vie sur Terre.

Il s’agit d’une expérience à vivre et non d’un exercice intellectuel.

Cette approche nous demande un temps d’arrêt pour observer et ressentir. Dans le champ, les mémoires corporelles et émotionnelles se réveillent, les différents liens conscients et inconscients que nous avons tissés avec notre entourage se révèlent. A cet instant, nous pouvons enfin comprendre des choses qui, jusque-là, étaient incompréhensibles.

 

Famille = Système

«La famille»… Voici bien un terme qui évoque en nous un tourbillon d’émotions qu’elles soient assumées ou réprimées, de ressentis reconnus ou niés, de souvenirs heureux ou difficiles. Au mieux, il provoque chez certains une indifférence feinte avec plus ou moins de conviction. Quoiqu’il en soit, qu’il éveille un sentiment rassurant ou d’insécurité, voire un doux mélange des deux, ce lien qui devrait être le plus  évident au monde est aussi souvent le plus compliqué.

La méthode des constellations familiales et systémiques envisage la personne et sa problématique dans l’ensemble de son système (familial, de ses multiples aspects intérieurs)

La famille est un système, notre organisme est un système, tout comme notre système solaire. Les systèmes peuvent être observés tant à l’échelle microscopique (nos cellules) qu’à l’échelle macroscopique (la planète).

C’est un ensemble qui est composé de différents éléments tous interconnectés et interdépendants les uns des autres. Ce qui affecte un des membres se répercute d’une manière ou d’une autre sur l’ensemble. Tel un mobile au-dessus d’un lit d’enfant : lorsqu’on tire sur un des personnages, c’est tout l’équilibre qui est impacté.

 

Les grandes lois systémiques/universelles

Les systèmes répondent à certains principes et à des lois qui leurs sont propres. Nos familles n’y font pas exception. Il s’agit de forces qui nous dépassent complètement. Nous ne pouvons ni modifier, ni  neutraliser ces lois systémiques. Nous y sommes complètement soumis.

La loi d’appartenance : la première des grandes lois. Nous appartenons à cette famille que cela nous plaise ou non. Et tous les membres de la famille en font partie, que cela nous plaise ou non…

La loi de l’ordre : nous occupons une place bien définie au sein du système et ne pouvons pas occuper la place de quelqu’un d’autre. Ce qui arrive pourtant souvent !

La loi de l’équilibre entre le donner et le recevoir : la vie qui nous a été transmise est la seule situation dans laquelle nous ne pourrons pas rendre la pareille.

 

 

L’impact des « lois bafouées »

Lorsqu’une ou plusieurs de ses lois ne sont pas respectées, le système survit dans un équilibre bancal au détriment de certains membres du système/de la famille. Ceux qui viennent après reprennent à leur charge, sans le savoir, des destinées qui ne sont pas les leurs à travers diverses loyautés familiales.

Car la force du système familial auquel nous appartenons nous dépasse. Cette force qui va bien au-delà de nous peut nous conduire à renoncer à notre bonheur et à imiter des destinées qui ne sont pas les nôtres plutôt que de marcher notre propre chemin. Il nous est impossible d’échapper à ce phénomène dont nous n’avons, la plupart du temps, pas conscience.

 

Le 7ème sens systémique et le « champ qui sait »

Nous sommes le système. Nous vivons à travers la famille, comme elle vit à travers nous. Nous y sommes reliés par ce que certains appellent un «7ème sens systémique». C’est-à-dire que nous avons une connaissance intuitive profonde des schémas relationnels latents qui existent au sein de notre famille, même avec les générations passées, même avec ceux que nous n’avons pas connus.

Une constellation est une représentation vivante d’une situation, d’une problématique dans un espace défini: le champ. Le «champ qui sait» est un espace de savoir au sein duquel notre 7ème sens systémique est à l’œuvre et nous donne accès à d’importantes informations inconscientes sur la structure relationnelle complexe de notre famille et sur la nature profonde des liens qui existent entre ses différents membres.

Au sein du « Champ qui sait », notre 7ème sens systémique nous permet de remonter à la source des situations conflictuelles et des comportements problématiques.

 

Que faisons-nous lors d’une constellation ?

Une fois cette structure mise en lumière, nous pouvons nous employer à rétablir un nouvel équilibre qui sera profitable à l’ensemble du système.  Parfois, le simple fait de voir la nature de ces liens amorce déjà la mise en place d’une nouvelle structure plus harmonieuse.

C’est en réalignant le système bancal sur les grandes lois systémiques et universelles que l’équilibre pourra être rétabli.

Grâce à des phrases symboliques profondes, nous laissons les mouvements d’âme suivre leur processus. Nous rendons à qui de droit ce que nous portons pour autrui (parents, grands-parents, aïeux, conjoint.e,…). Nous reprenons la juste responsabilité de ce qui nous incombe. Nous redonnons leur place à ceux qui sont exclus (parfois depuis des générations !). Nous nous autorisons à reprendre notre bonne et unique place au sein du système. Nous réintégrons tous les membres du système à leur juste place comme autant de parties de nous-même.

Il est important de ne pas sous-estimer la profondeur des couches que nous allons toucher lors de ces phases. Un travail en constellation infuse la plupart du temps durant des semaines, des mois voire des années.

 

Ce processus important une fois accompli nous permet de goûter à la plénitude et de pouvoir enfin embrasser notre propre destinée. Pour notre plus grand bien, pour le plus grand bien du système dans son ensemble et celui des générations à venir.

 

Un article d'Aurélie Laurent